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 B) La reconversion : du chien de Berger au chien de défense

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Les Fiers Cadors
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MessageSujet: B) La reconversion : du chien de Berger au chien de défense   B) La reconversion : du chien de Berger au chien de défense Icon_minitime1Ven 18 Déc - 16:14

B) La reconversion : du chien de Berger au chien de défense

Les tâches du chien de Berger vont se diversifier. A cette même époque, certains amateurs
s’organisent en Belgique pour créer la race Berger belge, avec parmi eux Adolphe Reul,
professeur de zootechnie à l’école de Cureghem.
Dans son livre « les chiens de berger » (1893), celui-ci décrit la reconversion du chien de
berger :
« Le gardien de nos troupeaux, rustique, résistant et surtout intelligent, qualité que nul ne lui
contestera, s’est reconverti comme chien de garde, chien de cour, chien de ferme, chien
ambulancier et sanitaire, chien de police et chien limier, chien d’aveugle, chien d’avalanche
en Suisse ou encore comme chien de promenade, ou chien compagnon. » .
A cette époque, les chiens de Berger sont très hétérogènes d’un point de vue morphologique.
Les amateurs vont donc essayer de créer une homogénéisation de ces chiens en Belgique.
Mais, rapidement, le souci de maintenir une vocation utilitaire chez ces chiens s’installe.

1) Genèse de la race Berger belge : recherche d’un équilibre entre le « beau » et le
« bon »
Au XIXème siècle, les bergers et les fermiers recherchent et sélectionnent les chiens
uniquement sur leur capacité d’endurance et de résistance au climat froid et humide de
l’Europe Occidentale, et aucunement sur des critères physiques ; il en résulte des chiens de
berger belges vifs, intelligents, infatigables, mais complètement différents d’un point de vue
morphologique. A la fin des années 1880, on ne fait mention en Belgique que de « chiens de
berger du pays » .

a) Création d’une race de chien de Berger belge
- Fondation du Club du Chien de Berger belge (CCBB): 29 septembre 1891
En Belgique, des bergers, des cultivateurs et des amateurs souhaitent l’amélioration du chien
de berger de pays. Le 29 septembre 1891, Adolphe Reul fonde le Club du chien de berger
belge.
Le Club se fixe alors, pour premier but, de recenser les différentes variétés de chiens de
berger existant en Belgique et de voir en quoi elles diffèrent des races de berger des pays
voisins. Louis Huyghebaert, amateur de Bergers belges, visite ainsi les campagnes et, avec la
collaboration des vétérinaires, recense les chiens de berger de sa région.
- Réunion à CUREGHEM : 15 novembre 1891
Le 15 novembre 1891, sur l’initiative du Pr Reul et sous l’égide du CCBB, les chiens de
l’agglomération bruxelloise et de la province du Brabant sont réunis à l’école vétérinaire de
Cureghem. Louis Van der Snickt – directeur du jardin zoologique de Gand, puis de celui de
Düsseldorf, ainsi que rédacteur de la revue Chasse et Pêche – est responsable de ce
groupement des chiens. Un grand nombre de chiens des autres provinces sont examinés à
domicile par les délégués du club. Après une inspection minutieuse, on parvient alors à
dégager de la foule de bâtards, parmi les 117 chiens présents, un groupe assez original :
dominé par un type à poil mi-long, il présente déjà les caractéristiques morphologiques
principales des actuels Groenendaels et Tervuerens, mais est de 10cm plus petit. Le chien
Marquis illustre bien ce type. Les chiens à poil court et à poil dur sont moins nombreux. Les
chiens Tjop et Mira, nés avant la fin du siècle, préfigurent les Malinois et Laekenois
d’aujourd’hui.


- Premier standard : 2 avril 1892
Le 2 avril 1892, lors de son assemblée générale, le Club du chien de berger belge fixe le
standard de la race en la divisant en trois variétés : le poil long, le poil ras et le poil dur, sans
distinction de couleur.
- Première exposition spéciale : 1er et 2 mai 1892
Dès lors, disposant d’un standard, le club peut organiser sa première exposition spéciale de la
race, avec le Collie club et sous le patronage de la Société Royale de Saint-Hubert (société
belge, fondée en 1882, qui a pour unique but le maintien et l’amélioration des races canines
en Belgique), le 1er et le 2 mai 1892, dans les locaux de l’abattoir de Cureghem-Bruxelles.
Il est alors remarquable de constater qu’aussitôt la vocation utilitaire de l’animal est mise en
exergue : les mêmes jours, cette exposition est couplée à des preuves de chiens de berger sur
moutons.

b) Premières épreuves sur moutons : 1er et 2 mai 1892

Elles sont organisées dans les prairies de la société des marchés et abattoirs de Cureghem,
puis, par la suite, dans d’autres grandes villes, y compris françaises et allemandes. Les
premières années, les amateurs se montrent unanimes pour, certes, améliorer esthétiquement
les chiens, mais tout en maintenant ses qualités de chien de berger. Ils craignent en effet la
dérive que connut le Colley avec le Collie Club : d’excellent chien de berger dans les
montagnes d’Ecosse, il se transforma en chien de salon.
Certains chiens se révèlent particulièrement brillants lors de ces épreuves sur moutons.
Cependant, aucun ne pourrait être proposé comme modèle sur le plan morphologique. Les
défauts de conformation sont fréquents, la race Berger belge continue à manquer sévèrement
d’homogénéité.

c) Vers l’émergence d’un type poil court charbonné
- Politique de Reul :
Pour favoriser l’homogénéisation de la race, le Professeur Reul encourage la sélection des
chiens les plus typés, ainsi que la consanguinité, qui fixe rapidement les caractères. Nommé
seul juge pour le Berger belge pendant 3 ans, il a pour mission de repérer les meilleurs sujets
et de définir précisément les critères d’un chien dit typé.
Pour simplifier la tâche de sélection aux éleveurs, il propose une sélection selon une
combinaison texture-longueur-couleur du poil. En 1899, le Club du chien de berger belge
effectue alors un nouveau classement, séparant les Bergers belges en trois variétés : poil long
noir/ poil court fauve charbonné/ poil dur cendré.
Cette même année, le Club du chien de berger belge est reconnu par la Société Royale Saint-
Hubert, fédération des principales associations cynophiles belges et l’équivalent de la Société
Centrale Canine française. Un livre officiel des origines du Berger belge est alors ouvert. En
1901, les premiers chiens de Berger belge sont repris dans le livre des Origines de Saint-
Hubert.
- Résultats d’une telle politique :
Dans les premières années du XXème siècle, deux populations homogènes et de bonne qualité
se constituent ainsi : le type poil court charbonné et le type poil long noir. Compte tenu de
leurs origines, on les nomme respectivement « Malinois » et « Groenendael » - nominations
reconnues officiellement en 1909.
En revanche, l’émergence des autres types est moins remarquable. Le type poil dur gris, dont
les sujets fondateurs sont trop peu nombreux au départ, ne se développe pas. C’est un autre
poil dur, le type fauve de Laeken, qui s’impose. Les dénominations Laekenois et Tervueren
seront officialisées pendant l’entre-deux-guerres.
C’est en 1907, à Schaerbeek, que, pour la première fois, ces cinq variétés sont exposées par le
Club du chien de berger belge.

2) Le Malinois, un chien bien dressé

Le succès du Malinois par rapport à d’autres types de Bergers belges s’explique certes par la
politique conseillée par Reul, mais pas uniquement.

a) Fondation du Club malinois : 18 novembre 1898
Le 18 novembre 1898, un sous-comité, placé sous le patronage du CCBB, s’érige à Malines,
au Nord-Ouest de Bruxelles. Animé par Huyghebaert, son objectif est immédiatement de se
consacrer uniquement à l’amélioration du chien de berger à poil court, d’un entretien
beaucoup plus aisé que les chiens à poil long, et donc plus commode en tant que chien
d’utilité.

b) TJOP et DEWET, les premiers Malinois : équilibre entre le « beau » et le « bon »
Tjop, appartenant à Frantz Huyghebaert, fait l’émerveillement du Pr Reul, qui voit en lui l’un
des piliers des Malinois. Doté d’une excellente morphologie, de parfaites ossatures, d’une
bonne couleur, mais dépourvu de masque noir, il est aussi un très bon chien d’utilisation,
quoiqu’un peu trop nerveux. Il mesure 57 cm au garrot. De son père Tomy, il garde une tête
typique, d’excellentes oreilles, un beau port de queue. De sa mère, Cora, il hérite de son
regard et de son intelligence, ainsi que de son rein trop long, de ses pattes plutôt fines et du
poil dur sur la croupe.
L’autre pilier des Malinois, avec lequel Tjop possède une dose de sang commun, est Dewet,
un Malinois appartenant aux frères Mairesse de Frameries, et qui possède une puissance
remarquable.
Les caractéristiques de ces deux champions se retrouvent dans tous les pedigrees des
premières générations de Malinois sélectionnés.
Vers 1900, le masque noir est imposé et fixé par consanguinité. Il s’exprime en présence des
gènes responsables de la couleur fauve avec traces noires, pour produire des chiens fauve
charbonné masqués. D’autres détails caractérisent le Malinois. Ainsi, Cora I, une championne
des concours de dressage, présentait une tache blanche sur la poitrine. Aujourd’hui encore, de
nombreux Bergers belges possèdent cette étoile blanche sur la poitrine.
Mais ces critères purement esthétiques ne sont pas les seuls à caractériser le Malinois. Sans
négliger les aspects morphologiques, les amateurs malinois donnent rapidement la préférence
à un chien bien dressé. Ce dernier doit être avant tout un chien d’utilité. C'est la naissance du
chien de défense moderne.

c) Le Malinois, du chien de berger au chien de défense
Dès 1897, Huyghebaert constate que les plus beaux chiens appartiennent à des citadins et que,
en conséquence, ces chiens de berger n’ont jamais vu de moutons de leur vie. Craignant de
transformer le chien de berger en chien de salon, comme se fut le cas pour le Colley,
Huyghebaert envisage alors l’organisation d’épreuves adaptées à ces chiens de citadins, qui
permettrait en outre de maintenir les qualités fondamentales à un bon chien de berger :
l’intelligence, l’obéissance et la fidélité- critères qui seront par la suite retenus lors de la
sélection du Berger belge de travail.
On assiste ainsi, au cours du siècle à venir, à la création de nombreux concours de chiens: de
chien de berger, le Berger belge ne tarde pas à devenir chien de défense.
- Epreuves de travail sans mouton : 1898
Inspiré par les exercices d'obéissance que Huyghebaert impose à ses chiens, Van der Snickt
propose en 1898 des épreuves de travail, cette fois-ci sans moutons.
Elles portent principalement sur l'obéissance, dans une moindre mesure sur le physique, et
enfin sur le mordant:
- Premier concours de dressage : 1903
C’est ainsi que, sur l’initiative de Van der Snickt et Huyghebaert, les 12 et 13 juillet 1903, est
organisé le premier concours de dressage en Belgique, dans le jardin botanique de Malines.
Il consiste, hormis les sauts, en essentiellement un programme libre d'obéissance. REUL, juge
du concours, en est admiratif. En revanche, HUYGHEBAERT considère ce premier concours
comme un essai et fait voter le 1er juin 1904, par le Club malinois, un programme de concours
de dressage, qui vient compléter le programme de VANDER SNICKT.
En 1905, il obtient l'acceptation de la Société Royale pour la remise de certificats de
championnat à ces concours de dressage.
Le nouveau programme des concours de dressage, voté par le Club malinois, vise à
sélectionner les chiens de Berger sur leurs qualités de chien de défense: intelligence –
obéissance – dévouement.

- Fondation du Club du Chien Pratique : 1905
Fondé à Bruxelles, début 1905, grâce à Julien Libberecht, ce nouveau club reprend le
programme de Malines de 1903 et se propose, de plus, de diffuser l’usage du chien pratique et
ses qualités. Il est à l’origine de l’organisation de différentes épreuves : concours d’Ostende,
épreuves de dressage, épreuves de défense à Heverlé en mai 1906.

- Epreuves de dressage à Rymenam : le 29 avril 1906
Ces épreuves marquent une évolution dans l’organisation des concours pratiques, même si le
résultat est relativement décevant. On retire désormais la muselière au chien et les épreuves
de mordant sont beaucoup plus développées. C’est la naissance du costume de mordant.



Création d’une section de dressage au Club Berger belge : 1908
La même année, le Club Berger belge crée sa propre section de dressage, pour développer les
qualités physiques de ses chiens de Berger belge et ainsi les dresser comme chien policier,
chien de garde-chasse, chien ambulancier et chien de guerre: le Berger belge est devenu un
chien polyvalent.
Grâce à HUYGHEBAERT et à son Club malinois, grâce à des amateurs passionnés, bien
décidés à soumettre leurs chiens à des concours de chien de défense de plus en plus
nombreux, sont ainsi sélectionnés des chiens beaux, mais également bons. Toutefois, parmi
ces nouvelles lignées de Bergers belges de travail, le Malinois ne cesse de se distinguer au
cours de ces différentes épreuves, en particulier en ring et lors des concours de pistage. Il ne
tarde pas à s’imposer comme LE Berger belge de travail.

Emergence du Malinois, chien de travail

Emergence du Malinois à travers les conflits
A la veille de la Première Guerre mondiale, le Berger belge – chien particulièrement
intelligent, apte à être dressé en chien d'utilité – est parfaitement reconnu comme une race en
Europe et commence même à diffuser dans les pays limitrophes. Les effectifs de quatre des
cinq variétés sont suffisamment élevés pour assurer l'avenir. La sélection de chiens à la
fois beaux et bons, associée à l'utilisation de la consanguinité, permet le développement d'une
élite.
Mais la Grande Guerre éclate. Le 27 novembre 1917, l'autorité occupante réquisitionne les
chiens dépassant 40 cm à l'épaule. Malgré la mobilisation des cynophiles belges, une grande
majorité des Bergers belges meurent. Au lendemain de la guerre, tout est à recommencer, le
cheptel doit être reconstruit.
Pour Huyghebaert, pourtant défenseur du travail, la sélection doit alors se faire
essentiellement sur des critères esthétiques (ex: conservation des couleurs de robe d'avant guerre, oreilles droites, queue non portée en crochet,...), alors que Huge propose en premier
lieu une sélection sur le caractère et les aptitudes, si caractéristiques des chiens de Berger.
C'est cette dernière optique qui sera plutôt favorisée.
En 1920, sur proposition du CCBB, la Société Royale Saint Hubert accepte que soit qualifié
de « Berger belge » tout chien répondant au standard, mais de couleur autre que celles
admises pour les cinq variétés reconnues. Cependant, seuls les Malinois et les
Groenendaels disposent d'un nombre suffisant de géniteurs pour se redresser.
En 1938, Verbanck – membre fondateur de la Société Nationale pour l’Amélioration des Chiens de Berger belge - rédige un nouveau projet de standard: il propose de conserver encore huit combinaisons texture – couleur – longueur de poil; mais, dès l'année suivante, il propose que ne soient plus admises que les deux variétés principales, si les variétés des petits effectifs ne parviennent pas à se redresser suffisamment vite. Malinois et Groenendaels deviennent ainsi prépondérants et l'on s'attache à préserver leurs qualités de travail. Mais déjà là, grâce au Club malinois qui a toujours placé le travail avant le type, le Malinois commence à s'imposer
comme LE Berger belge de travail. Il s'adjuge une suprématie indiscutable pour les concours
en ring et les épreuves de pistage.
La seconde guerre mondiale éclate, encore plus dure pour le Berger belge. En 1945, le
Groenendael n'est vraiment présent plus que dans le Hainaut, quasiment tous les Tervuerens et
Laekenois ont disparu. Seul le Malinois se maintient assez bien, grâce aux amateurs de chien
de travail sportif. Son cheptel, ainsi que celui du Groenendael, sont suffisants.
En revanche, le Tervueren est relancé à partir de phénotypes Tervueren qui apparaissent dans des portées de Malinois ou Groenendaels et grâce à des accouplements pratiqués avec ces deux variétés. Tandis que le Malinois de travail garde son originalité, une population de
Bergers belges, sélectionnée sur des critères esthétiques, se singularise alors: elle regroupe le
Groenendael, le Tervueren nouvellement reconstitué et certaines lignées de Malinois dites de
beauté.
Grâce au Club malinois et certains amateurs passionnés, le Malinois apparaît désormais
comme LA variété de Berger belge dite de travail.
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